13/10/2010

Le parfum des câpres

Je reviens tout juste d’un long week-end passé à découvrir les richesses de Trapani et de Pantelleria. Curieuse de voir d’où viennent « ces câpres bénits ! », j’ai donc sauté dans l’avion reliant Charleroi à Trapani. Trapani est le chef-lieu de la province qui occupe le territoire ouest de la Sicile. Au-delà des petites villes les P1120465.jpgplus connues de Marsala (où débarqua Garibaldi et son expédition des Mille à l’époque du Risorgimento dans le but de donner vie à l’Italie), Mazara del Vallo (qui doit sa renommée surtout à la pêche), San Vito lo Capo (célèbre pour son cousous et pour ses plages incroyablement blanches), et naturellement la magnifique et inaccessible Erice (ce village est un véritable bijou qui serti la cime du mont Erice, juste derrière Trapani), la région de Trapani s’étend également jusqu’aux îles Egadi (Favignana, Levanzo, e Marettimo) et à l’île de Pantelleria. Si Favignana est plus connue pour la pêche au thon et pour ses conserveries, Pantelleria est célèbre pour ses câpres IGP (indication géographique protégée), pour le Passito et pour son origan très parfumé. Ici, peu importe où l’on pose les yeux, il y a toujours quelque chose à admirer. Que ce soit un coucher de soleil, une aube, uP1120312.jpgn rocher en forme d’éléphant, une fleur, un fruit, une architecture ou la simple forme des objets qui en ce point précis de la Terre revêtissent de douces apparences amicales. Ainsi, je me suis immédiatement sentie chez moi à Trapani et je n’ai pas perdu de temps pour trouver la route qui mène à ses trésors. A Trapani, les maisons rosées des pêcheurs donnent sur le merveilleux bord de mer, et l’on y trouve aussi des bastions et une tour qui entre dans l’eau. A noter également, les granite et les cannoli de la très ancienne pâtisserie Colicchia (la granita au café vaut à elle seule le déplacement jusqu’à Trapani. Celle au jasmin est tout aussi délicieuse, elle est faite avec des vraies fleurs de jasminP1120163.jpg !). De plus, on trouve à Trapani des plats simples et généreux dans des petits restaurants (je vous conseille de vous rendre chez Antichi Sapori) où l’on peut manger les maquereaux à peine pêchés et de délicieux petits poissons frits (latterini et capuccetti). Ensuite, il faut découvrir les ruelles d’Erice la médiévale, accrochée à la cime du mont homonyme accessible grâce à un téléphérique très moderne duquel on peut apprécier un panorama exceptionnel sur la péninsule de Tapani et sur ses salines évocatrices. A Erice, il est obligatoire de s’arrêter à la pâtisserie de Maria Grammatico, une orpheline qui a su conserver les traditions séculaires des religieuses cloîtrées d’Erice. Les spécialités sont les pâtisseries aux amandes, les cannoli, le cassate, les mostaccioli (biscuit en forme de losange), le buccellati di fichi (biscuits aux figues) et les fruits « martorana » (fruits en massepain) à conserver dans les boîtes en bois siciliennes très colorées. 

Je redescends versP1120250.jpg la ville illuminée et son port rempli de bateaux. Mon voyage continue… J’embarque pour Pantelleria, où j’ai l’impression de vivre un rêve. C’est Marliena qui m’accueille, et elle me raconte avec son enthousiasme et sa beauté solaire l’histoire de « l’île de câpres ». Pour information, Marilena et Alessandro sont nos fournisseurs de câpres, ceux de la maison Kazzen, du nom du village situé à quelques kilomètres de Pantelleria. De suite, nous nous rendons dans l’exploitation et je découvre le processus de production. Je connais Alessandro, qui est occupé à tamiser les câpres (en effet, les fruits sont utilisés différemment selon leur calibre). De nouvelles confitures et d’autres produits sont en préparation. En cette période, la spécialité est l’Elixir de Passito, un « miel » qui s’obtient du moût du raisin Zibibbo. Il s’agit d’un produit extraordinaire que je n’avais encorP1120406.jpge jamais goûté avant, et qui bien entendu se trouvera bientôt en vente chez Mmmmh ! Parfait pour accompagner les fromages, sucrer le thé ou la tisane ou simplement pour enrichir une tranche de pain. L’odeur des câpres dans la saumure est pénétrant et particulier, je ne pourrai jamais l’oublier ! Assez travaillé ! Marilena m’accompagne vers les Cale (c’est le nom des endroits de l’île) et ses paysages sublimes : le lac « Specchio di Venere », littéralement « le Miroir de Vénus » le petit lac des Ondines, les sources d’eau thermale chaude, le sauna de la grotte de Benukulà, les anciennes tombes de Gibelé et la fosse du Russo, ainsi que la Montagna Grande. On aperçoit les vignes basses et les oliviers, les figues de Barbarie et les palmiers. Le maquis de Pantelleria révèle des coP1120336.jpguleurs extraordinaires et des contrastes d’un monde à la frontière entre l’Europe et l’Afrique. L’origine volcanique est évidente, les signes de l’activité qui anime le fond de cette mer sont visibles partout. J’ai même la chance de pouvoir me baigner (la première fois que je fais ça en octobre) dans les eaux chaudes de Cala Gadir, et puis j’embarque pour un tour en bateau de l’île. Je découvre aussi des biscuits au sésame et des Cantucci Panteschi qui sont l’accompagnement idéal au Vin Passito de Pantelleria ( que vous pourrez bientôt goûter !). La cuisine de Pantelleria est simple et sincère. Elle se base sur peu de produits, mais d’une grande qualité : câpres, olives, origan, poisson … La pizza, le couscous et les « Ravioli de Pantelleria » (fourrés à la ricotta, assaisonnés avec du beurre et de la sauge). Les recettes de la tradition se préservent jusqu’à nous et se transmettent grâce au travail des familles telles que celle de Marilena et AlessanP1120252.jpgdro (ils ont deux princesse de 13 et 6 ans, Camilla et Giorgia). Les produits typiques sont sélectionnés et travaillés avec minutie pour être transportés dans le monde entier. Pas seulement les câpres IGP au sel (les plus connus), mais aussi les câpres conservés dans l’huile, les fruits du câpre, le pâté de câpres, et le pesto de Pantelleria. On peut aussi citer la crème de fenouil sauvage, l’origan et le raisin Zibibbo (sec, en confiture ou en élixir), et puis le Passito. Les produits Kazzen sont le trésor de Pantelleria et Marilena et Alessandro en sont les gardiens. Ils viendront bientôt chez Mmmmh ! pour nous apprendre à préparer un pesto à la façon de Pantelleria, et même un P1120527.jpgmenu typique de l’île. Je salue Pantelleria sous un ciel tapissé d’étoiles et un léger Scirocco, puis je me réveille de nouveau à Trapani. A présent, je suis comme chez moi, je loue un vélo et je me dirige vers les salines de Nubia. Le paysage est sublime, entre les moulins et les bassins de décantation, entre les monticules blancs de cristaux purs et un ciel qui se transforme en mer. L’air chaud et parfumé de fleur d’oranger et dans les champs nus reposent encore quelques melons jaunes. Je visite le musée du sel et puis le village de Paceco, d’où viennent bien trois « Presidi Slowfood » : l’ail rouge de Nubia, le melon « cartucciaro » (ou melon d’hiver) et la tomate « seccagno pizzutello » (tomate qui résiste à la sécheresse). Ce sont des moments inoubliables ! Même l’attente de l’autobus et même le souvenir de l’accueil de cette terre ordonnée (elle l’est, même si la mer passe au milieu), fière et extraordinairement belle. (trad. Sara)

 

02:32 Écrit par Corinna | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

mmmmh, ça fait rêver...

Écrit par : Gianna | 13/10/2010

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